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IA· 3 min de lecture

Une époque formidable pour les développeurs

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studio logiciel

Pendant longtemps, une idée de logiciel commençait par un doute. Avant même de savoir si elle valait quelque chose, je me demandais si j’allais réussir à la construire : quelle technologie le permettrait, quel algorithme il faudrait. La première question n’était pas « est-ce une bonne idée ? », mais « est-ce seulement faisable ? ».

Cette question a presque disparu.

La réponse est presque toujours oui

Aujourd’hui, avec l’IA, la réponse arrive très vite, et avec une confiance assez solide. Dans 99 % des cas, c’est oui, d’une manière ou d’une autre. Quand le chemin direct est fermé, il en existe presque toujours un détourné. Parfois, c’est un autre objectif qui apparaît en route, proche du premier, auquel je n’avais pas pensé.

L’ordre des questions s’est inversé. Je ne pars plus de ce que je sais faire pour décider de ce que je peux construire : je pars de l’idée.

La technologie devient secondaire

Je viens de TypeScript, de Vue et de Nuxt. Je n’avais jamais utilisé Astro. Ce site est pourtant construit avec Astro, et il s’est écoulé moins d’une semaine entre le premier commit et la mise en ligne.

CBTicket, mon outil de suivi de tickets, repose sur React et Next.js. J’avais peu pratiqué le premier, jamais le second. De l’idée à la première mise en production, il a fallu une dizaine de jours.

Dans les deux cas, je n’ai pas pris la technologie que je connaissais. J’ai pris celle qui convenait, une fois les objectifs clarifiés.

Même les algorithmes ne sont plus un mur

J’ai en tête une idée de produit qui relève de la recherche opérationnelle : un problème de la famille du voyageur de commerce. C’est exactement le genre d’idée devant laquelle on se demandait si c’était faisable. Aujourd’hui, je sais que la mise en œuvre de ces algorithmes ne sera pas un frein.

Ce qui reste hors de portée

Il reste le 1 %. Ce sont les projets dont on sent intuitivement qu’une limite physique existe, avant même d’avoir écrit une ligne de code.

Tout le reste est ouvert.

Le paradoxe du moment

Le marché de l’emploi raconte pourtant une autre histoire. Selon l’Apec, les offres d’emploi cadre pour les développeurs ont reculé de 20 % en 2025. Sur l’ensemble de l’informatique, Hellowork mesure 28 % d’annonces en moins sur la même année, près de trois fois le recul du marché dans son ensemble. Après des années de plein emploi, le secteur découvre l’inquiétude.

La contradiction est frappante. Un développeur expérimenté est aujourd’hui capable de donner vie à n’importe quelle idée, ou presque. Et c’est au même moment qu’il risque de ne plus trouver le cadre pour le faire : un poste, une équipe, une embauche.

Beaucoup se tournent alors vers l’indépendance. Le nombre de freelances continue de grimper, et avec lui la concurrence : davantage de profils se positionnent sur les mêmes missions. L’indépendance n’est pas un refuge automatique.

Choisir l’optimisme

Il y a deux façons de regarder l’IA. On peut en avoir peur, et se dire qu’elle va prendre notre travail. On peut aussi voir ce qu’elle ouvre.

Si vous êtes développeur, la question n’est plus « est-ce que je saurai le faire ? ». Si vous portez un projet, elle n’est plus « est-ce faisable ? ». Dans les deux cas, il reste la seule question qui compte : est-ce que cette idée vaut la peine d’être construite ?

Sources : Apec, cité par

Le Monde Informatique

(février 2026) ; Hellowork, cité par

L’Essentiel de l’Éco

(avril 2026).